dimanche 21 décembre 2014

Nouvelle poésie d'Henri Merle, Veuve de guère...

VEUVE DE GUERE

Son premier mari, le ballot,
Un soir, fit trois p'tits ronds dans l'eau...
Le second, ce pauvre imbécile,
Se suspendit au bout d'un fil.
Si le troisième consentit
A trépasser pour la patrie,
L'dernier, sans imagination
Mourut sous les roues d'un camion...

J'aime un' jolie veuve de guère,
Guère écrit avec un seul R,
L'accent grave sur la voyelle
Pèse bien peu sur la donzelle
Car nuit et jour, elle rigole,
Sans souvenir de ces guignols,
Ceux qui la prirent dans leurs bras
Avant l'aller pour l'au-delà.

Ses pensions, elle les croque,
Au diable les éconocroques!
Elle se ruine en noirs dessous,
En culottes couleur cachou.
Et cependant, elle pousse un
Très gros soupir, chaque Toussaint,
Offrant aux défunts, pathétique,
Quatre chrysanthèm's en plastique.

J'aime un'jolie veuve de guère,
Guère écrit avec un seul R,
L'accent grave sur la voyelle
Pèse bien peu sur la donzelle
Car à chaque heure, elle s'éclate,
Sans trop penser à ces patates
Qui l'ont embrassée, caressée,
Avant soudain de trépasser.

Son cinquième matou, c'est moi.
Nous convolons depuis trois mois.
Je flétris, fane, dépéris...
Serait-ce la loi des séries?
"Après toi chéri, plus personne !
C'est la solitude qui sonne!"
M'a dit cet ange-sentinelle,

Gardien des amours éternelles

J'aime un'jolie veuve de guère,
Guère écrit avec un seul R,
L'accent grave sur la voyelle
Pèse bien peu sur la donzelle...
Je suis fou de ses yeux qui brillent
Quand ell'me sert ma camomille,
Son regard empli de bonté
Ca met du sucre dans mon thé.

J'aime un' jolie veuve de guère,
Guère écrit avec un seul R,
L'accent grave sur la voyelle
Pèse bien peu sur la donzelle.

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